La figure, en apparence abstraite, qui domine cette zone du graffiti, tient son origine dans la formation d’un Brésil moderne, dans lequel la science faisait, peut-être comme cela n’a plus jamais été le cas, partie d’un projet de nation. Les deux petites rayures que l’on peut voir dans l’image représentent l’une des découvertes les plus importantes de la physique du siècle dernier qui a eu pour conséquence la fondation d’institutions de recherche et de financement de la recherche au Brésil.
L’année suivante, Lattes, en co-autorat avec le physicien américain Eugene Gardner (1913-1950), a détecté un méson pi dans le synchrocyclotron de 184 pouces à l’Université de Californie à Berkeley (États-Unis). Ce fut une découverte importante non seulement d’un point de vue scientifique mais aussi politique du fait d’avoir, selon les historiens de la science, initié une nouvelle façon de faire de la physique : les accélérateurs de particules.
Au Brésil, une campagne, réunissant scientifiques, militaires, artistes, journalistes, chefs d’entreprises, banquiers etc., a fait la promotion publique des travaux de Lattes qui, est alors devenu « le héros brésilien » de l’Ère Nucléaire – une transformation géopolitique importante au niveau mondial et dans laquelle le Brésil est entré à ce moment-là. Cette campagne est à l’origine de la fondation du Centre Brésilien pour la Recherche en Physique (CBPF) à Rio de Janeiro le 15 janvier 1949 ainsi que du Conseil National de Développement Scientifique et Technologique (CNPq) et de la Coordination pour le Perfectionnement du Personnel de l’Enseignement Supérieur (CAPES), éléments fondamentaux de toute l’infrastructure de l’administration et du financement de la recherche scientifique au Brésil.